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Game of Thrones

 

 

 

6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 12:41

Publiée dans le DW Annual 2011 - Traduction non-officielle.

Illustrations: Tomislav Tomis

 

 

Tu voulais savoir à quoi ressemblaient les contes de fées Gallifreyens, Pond, et bien, voilà! Voici celui dont je t'ai parlé quand on a rendu visite à Vincent Van Gogh!


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Rage aveugle

 

Fils de Gallifrey, Ne Dormez Plus!

 

Dans les anciens temps, alors que Rassilon était encore jeune, la Mort est venue sur Gallifrey. Elle a envoyé son messager dans un village dans les contreforts des montagnes Gallifreyennes.

 

Le village s'appelait Slothe, et ses habitants répondaient au même nom. A chaque nouvelle génération, les enfants devenaient plus fainéants que leurs parents. Ils n'avaient aucune attirance pour le travail de ferme ou le commerce, et aucun respect pour le monde autour d'eux. Pourquoi iraient-ils récolter, alors que la nourriture qu'ils voulaient poussait en abondance dans les forêts et les champs? Pourquoi iraient-ils s'ennuyer avec des animaux de ferme alors que le broakir sauvage pouvait être chassé dans les montagnes, et qu'ils pouvaient pêcher les poissons chantants dans les rivières? Les gens cueillaient les fruits des ulandas aux feuilles argentées et ils pillaient les nids des trunkikes pour y prendre les œufs et les jeunes oisillons.

 

Mais pour toutes ces choses qu'ils chassaient et pêchaient dans la nature, les habitants de Slothe n'avaient jamais pris la peine de faire quelque chose en retour. Ils profitaient de leurs vies faciles, prenant plus qu'ils avaient besoin. Quand les arbres étaient vides, il y avait toujours d'autres arbres. Quand la rivière était vide, ils en trouvaient une autre. Quand la forêt ne résonnait plus des échos des cris des broakir, ils chassaient un peu plus loin...

 

Et au fil des années, les trunkikes déménagèrent leurs nids, et les poissons allèrent nager dans d'autres rivières. Les ulandas ne produisirent plus de fruits et commencèrent à pourrir jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un... Par leurs actes irréfléchis, les habitants avaient amené la Mort sur eux-mêmes - avaient amené le Messager de la Mort dans le village de Slothe.

 

Trois fois, le Messager de la mort visita Slothe. La première fois, il vint la nuit et emporta les âmes d'une douzaine de villageois. Il laissa leurs corps brisés et ravagés. Les habitants trouvèrent leurs proches le lendemain, et pleurèrent leur perte. Pour la première fois, les habitants de Slothe apprenaient ce qu'était le manque. Ils n'avaient plus de viande ni de poisson, ni de fruits, ni d'œufs. Et maintenant ils se perdaient eux-mêmes.

 

La deuxième fois que le Messager de la Mort rendit visite aux habitants de Slothe, il vint en plein jour. Mais personne ne le vit, ou du moins personne de vivant. Il est dit que seuls les gens qu'il emporte peuvent voir le Messager de la Mort au moment de leur mort. Ceux-là aperçurent un éclat de ses dents, ses griffes, sa rage alors qu'il les faucha. Ils virent son ombre s'étirer sous le coucher du soleil, et son reflet dans la rivière vide, et ils surent que la mort avait envoyé son monstre pour plier les habitants du village à sa volonté. Il traversa le village et ne laissa derrière lui que cœurs brisés et misère. Ses victimes furent les plus jeunes, les plus forts, les plus vigoureux - et bientôt il ne resta plus aucun homme pour lutter contre le monstre.

 

Plus personne, à part Presus, le fils du prélat du village. Presus était le plus fainéant de tous les jeunes hommes de Slothe. Il dormait jusqu'à midi, et fonctionnait au ralenti les après-midi. Il mangeait et buvait toute la soirée et jusque tard dans la nuit avec ses amis et ne s'inquiétait pour personne d'autre que lui-même. Même les gens de Slothe pensaient qu'il était fainéant.

 

Mais Presus était le fils du prélat, et le plus fort des fils survivants de Slothe. Les habitants qui avaient pu échapper au monstre envoyé par la mort jusque-là vinrent trouver Presus. Ils vinrent le supplier de trouver et du tuer le monstre que la mort avait envoyé. Mais Presus les envoya paitre.

 

Ils revinrent, et encore une fois, Presus le Fainéant refusa de les écouter. Quand ils vinrent une troisième fois, Presus les ignora et descendit prendre un bain dans la rivière.

 

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Il se prélassa dans l'eau tiède pendant des heures, sans accorder une seule pensée à la situation difficile de ses camarades villageois. Jusqu'à ce que, reflété dans l'eau, il voie le Messager de la Mort. Il aperçut les terribles griffes et les horribles dents. Il savait que personne ayant vu l'affreuse créature avait survécu. Craignant pour sa vie, Presus glissa hors de l'eau et se mit à courir. Malgré sa fainéantise, Presus était fort et rapide et silencieux, et il courut jusqu'au village, laissant le monstre loin derrière.

 

Il ne s'arrêta qu'une fois qu'il eut atteint sa maison. Il verrouilla la porte. Puis il se retourna et vit la silhouette qui se tenait dans l'ombre derrière lui. Pendant un instant, Presus pensa que la Mort Elle-même lui rendait visite. Puis il reconnut le visage qui s'avançait dans la lumière. C'était une vieille femme - la voyante vagabonde dont Presus et ses amis se moquaient en riant.

 

La voyante  était proche de la mort. Ses vêtements étaient déchirés et son corps fragile saignait à mort des blessures que le monstre lui avait infligées. Presus lui demanda si elle était venue se cacher du Messager de la Mort. Mais la Voyante répondit à Presus qu'elle était venue pour lui.

 

Elle dit à Presus que sa vie touchait à sa fin ainsi que celle du village. Mais avant de mourir il avait une chance de faire quelque chose de bien - de renvoyer le monstre à la Mort avec un message de la part du village de Slothe et des habitants de Gallifrey. Ce message disait que la Mort ne s'abattrait pas toujours sur eux, qu'un jour ils trouveraient un moyen d'échapper au sommeil glacé de la Mort. Les enfants de Gallifrey ne dormiraient plus.

 

Sa vie s'enfuyant, la Voyante emmena Presus hors de chez lui, et lui montra que le village était vide. Pendant qu'il se baignait dans la rivière, ne pensant qu'à lui-même, le monstre avait visité le village une troisième et dernière fois. La Voyante montra à Presus l'endroit où les villageois étaient morts sous les griffes du monstre. Et Presus vit que deux des corps étaient ceux de son propre père et de sa propre mère.

 

Puis, enfin, Presus compris quel était son destin. Dans sa rage aveugle, il retira la longue épée du mur de l'Opticon, le lieu de rencontres du village. Il recouvrit le bouclier de son père de feuilles d'ulanda pour qu'il brille d'argent sous la lumière des soleils jumeaux. Une fois fait, il se retourna vers la Voyante, attendant son approbation. Mais la vieille femme gisait morte sur l'herbe rouge devant l'Opticon.

 

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Alors Presus partit seul chercher le monstre. Il le suivit à travers les pentes enneigées de la montagne, voyant ses empreintes invisibles se refléter dans le bouclier. Presus vit le monstre se tourner dans sa direction comme s'il le cherchait. Il regarda droit vers lui, mais ne fit rien jusqu'à ce que Presus lui dise qu'il était venu le renvoyer à son maitre, la Mort.

 

Il y eu alors une grande bataille. Presus, armé seulement de son épée et de son bouclier, lutta contre le monstre avec ses griffes et ses dents. Le jeune héros de Slothe regardait le reflet du monstre dans son bouclier alors qu'il se battait. Il taillait et plongeait dans les ombres et dans l'air vide. Et dans le même temps, dans son bouclier, il voyait couler du monstre un sang jaune.

 

Pendant trois jours et trois nuits ils combattirent à travers les contreforts des montagnes de la Solitude. Ils ne dormirent ni ne se reposèrent, ne mangèrent ni ne burent. Leurs souffles devinrent halètements, et leur sang coulait de leurs blessures dans la neige blanche. Mais Presus se battait avec une rage aveugle née de la mort de ses parents et du sort de son village entier. Il se battait pour eux, non pour lui-même.

 

Pour la première et dernière fois de sa courte vie, Presus le Fainéant se battait pour les autres. Il chassa le monstre à travers monts et vallées, à travers forêts et lacs. Il n'accorda aucun répit, ne ressentit aucune pitié, n'eut peur de rien - pas même de perdre sa propre vie. Jusqu'à ce que finalement, il enfonce profondément son épée dans la poitrine du monstre, et que meure le Messager de la Mort.

 

Alors Presus lança au loin son bouclier. Il brisa en deux son épée. Affaibli par la bataille et par ses blessures, il tituba jusqu'au village désert de Slothe. Avec ses dernières forces, il rassembla les corps de sa mère, de son père et des autres habitants et leur construisit un grand bûcher funèbre. On dit que lorsqu'il alluma le feu, la fumée fut visible à travers tout le Continent de l'Effort Sauvage.

 

Tandis que les flammes se mourraient et que les soleils disparaissaient derrière les sommets des montagnes enneigées, Presus se reposa enfin. Il s'étendit et s'endormit près du bûcher. Et dans ce sommeil, il rêva de son père et de sa mère morts, et des villageois. Il rêva de la Voyante et de son combat contre le Messager de la Mort - de la manière dont il avait vaincu la mort et accompli la prophétie de la Voyante et comme les fils et filles de Gallifrey n'avaient plus à craindre la mort.

 

Et Presus rêva de la sombre silhouette faite d'ombre qui se dressait, le regardant à travers les flammes mourantes - tenant un sablier dans une main, et une épée brisée dans l'autre.

 

Aujourd’hui encore, il est toujours en train de rêver.

 

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Publié par Melyssa in the Attic - dans Short Stories
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commentaires

Tiadeets 06/02/2012 17:46

Oh j'adore ! J'aime les comtes !