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Game of Thrones

 

 

 

10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:24

 

doublefleche2

Continuity Errors - Partie 1
Continuity Errors - Partie 3  

 

 

 

Extrait des notes de conférence du Professeur Candy


   Vous pensez que ce type pourrait faire son chemin d’une cellule de détention jusqu’à la place de capitaine sur n’importe quel vaisseau spatial en moins de vingt-cinq minutes parce qu’il est mignon ? Vous avez vu les photos. Il n’est pas si mignon ! D’après tous les rapports que nous avons, il semble être erratique, arrogant, impoli, insouciant, et très probablement fou. Donc vous devez commencer à vous demander pourquoi n’importe quelle personne en tenue militaire avec laquelle il entre en contact lui offre la clé du coffre à armes, sans parler du pouvoir suprême, et ce avant même qu’ils ne l’aient innocenté pour le meurtre pour lequel ils viennent généralement juste de l’arrêter.
   Pourquoi ? Comprenez ceci. Le Docteur n’est pas une personne dans le sens où nous l’entendons. Il est ce que j’aime appeler un ESTC. Un Evènement Spatio-Temporel Complexe. En fait, je pense qu’il est l’évènement spatio-temporel le plus complexe qui n’ait jamais existé où que ce soit. Et comme tout évènement de cette ampleur il n’est pas facile à étudier puisque sa simple présence altère votre façon de penser.
   Considérez ceci : cet homme a des habilités télépathiques qui traduisent automatiquement toutes  les langues de l’Univers – pas simplement pour lui-même mais pour toute compagnie immédiate. Chacun de ces bien-nommés compagnons semble avoir vagabondé dans l’Univers dans la croyance joyeuse que l’entièreté du Cosmos parle leur langue et ce, curieusement, sans jamais se dire que c’était ne serait-ce qu’un peu surprenant. La conclusion est inévitable. Il ne se contente pas de traduire pour ceux qui l’entourent mais il utilise ce même pouvoir télépathique pour supprimer toute curiosité sur ce sujet.
   Considérez également ceci : s’il altère régulièrement nos perceptions sur ce plan, sur quoi d’autre nous induit-il en erreur ? Comme c’est rassurant qu’il nous apparaisse sous une forme humanoïde. Mais l’est-il vraiment ? Comme c’est rassurant qu’il semble même porter les mêmes vêtements que nous. Mais est-ce ne serait-ce que possible ? Et, fait le plus troublant, tous ceux ayant témoigné pour avoir connu le Docteur insistent du le fait qu’il est un homme bien, un héros en fait. Mais pensent-ils cela de par eux-mêmes ?
   Où est-ce qu’il le pense pour eux ?



La Bibliothèque de Nouvelle Alexandrie, 2668

   La Bibliothécaire restait immobile derrière le comptoir et sentait sa respiration revenir doucement à la normale. Elle avait réussi à dire non et il était parti comme une tempête, clôturant apparemment le sujet. Jusqu’ici, tout allait bien.
   ‘Tu vas bien?’ Walter était penché par-dessus son épaule – naturellement – et elle se demanda pour la centième fois pourquoi elle tolérait un assistant qui n’était pas seulement impossiblement humide mais qui avait aussi le plus irritant des béguins pour elle.
   ‘Je vais bien. Un client difficile, c’est tout.’ Elle hocha la tête dans la direction du ESTC tout juste visible à l’autre bout du hall de Réception, allant et venant à une vitesse presque comique et marmonnant rageusement pour lui-même. Pas si difficile à gérer pour quelqu’un de si dangereux, se dit-elle. Enfin, pas de quoi alerter Walter.
   ‘Oh, tu veux dire le Docteur !’
   ‘Pour la première fois dont elle se souvienne, elle regarda Walter avec surprise. ‘Tu le connais ?’
   ‘En quelque sorte. Tous tes prédécesseurs étaient de vieux amis à lui.’
   ‘Elle fronça les sourcils. ‘Tous ?’
   ‘Jusqu’au dernier. C’est marrant, quand on y pense.’
   Plus que marrant. En fait, c’était même profondément troublant. A voix haute, elle dit, ‘Ça pourrait expliquer pourquoi il est arrivé ici en espérant un traitement de faveur. Il voulait le Hittenstall.’
  Massacre sur Deltherus 5 : le compte-rendu définitif de l’extermination du dernier des Deltherons par les Drakoids ? Bloc 4300b, 2348e étage, cabinet 45, 2e étagère du haut ?’
   ‘Celui-là même.’
   ‘Un peu ennuyeux vers le milieu.’
    Elle hésita, essayant de ne pas paraitre intéressée. ‘Mes prédécesseurs… Est-ce qu’ils lui accordaient des traitements de faveur ?’
   Walter prit un air évasif. Ou plutôt, puisqu’il avait toujours l’air évasif, il sembla encore plus évasif qu’habituellement. ‘Et bien comme je le disais – c’étaient des amis à lui.’
   ‘Tu veux dire qu’ils lui autorisaient l’accès aux textes restreints ?’ persista-t-elle.
   Walter exécuta un spectaculaire haussement d’épaule évasif qui semblait impliquer au moins trois épaules et changea de sujet. ‘Pourquoi le Hittenstall est restreint, de toute façon ?’
   ‘Parce que les Drakoids sont nos amis maintenant, ce qui rend la moindre petite infraction sociale dont ils ont été responsable par le passé légèrement embarrassante.’
   ‘Ils ont exterminé une race entière !’
   ‘Et les gens continueront à laisser couler.’
   ‘C’était un génocide !’
   ‘Tu vois ?’
   ‘Andrea, je ne peux pas croire que même toi…’
   Andrea ! Elle en était presque tombée à la renverse en entendant le nom. De manière typique, Walter était le seul qui l’utilisait; pour elle-même, et pour tous les autres, elle était toujours simplement la Bibliothécaire. Elle l’interrompit avant qu’il ne crache encore plus de mots d’un air indigné. ‘Une quantité judicieuse de faits à supprimer faisait partie du traité.’
   ‘C’est dégoûtant, malhonnête, et complètement amoral !’
   ‘Certainement. Mais ils nous laissent utiliser leurs plages.’
   ‘Et pour les Deltherons ?’
   ‘Pas de planète, pas de plages.’
   Serrant les lèvres de désapprobation, Walter se retourna pour s’en aller. ‘Entre parenthèses,’ ajouta-t-elle, ‘J’envisageai de rester tard après le travail et d’avoir de dangereux rapports sexuels avec toi.’
   La nuque de Walter fit un mouvement extraordinaire alors que sa tête se tournait par saccades pour la regarder. ‘Vraiment ?’ croassa-t-il dans un étonnement non dissimulé.
   Elle sourit innocemment. ‘Non.’
   Walter, jugea-t-elle, fit alors la plus belle grimace qu’elle n’avait jamais vue. ‘Oh,’ dit-il. ‘D’accord. Une blague. Bien. J’ai compris. Bien.’ Il recommença à s’éloigner mais se retourna brusquement presque aussitôt pour lui faire face, rougissant et clignant rapidement des yeux dans cette rage hyper ventilée particulière aux gens bien trop sensibles. ‘Tu sais,’ dit-il – et elle pouvait affirmer qu’elle aurait du mal à croire ce qu’elle allait entendre – ‘parfois je me demande simplement comment tu as pu devenir comme ça !’
   Elle haussa les épaules. ‘Ma fille a été assassinée, mon mari m’a quitté. Un coup de chance, je suppose.’
   Pendant un instant il sembla se perdre entre sa rage et le plus traditionnel flot d’excuses, avant de se diriger comme une furie dans le bureau et de claquer la porte.

   Presque adorable, se dit-elle en replongeant dans l’ennui. Elle se demanda vaguement ce qu’il pouvait bien lui trouver et pendant un instant elle voulut presque aller vérifier dans un miroir. Impossible évidemment. Elle grimaça, se souvenant du matin où la simple vue occasionnelle de son propre visage avait commencé à la rendre si malade qu’elle avait banni tous miroirs de la Bibliothèque. Pas vraiment la plus saine des impulsions, indiquant probablement un syndrome d’aut phobie, se surprit-elle à penser – avant de s’immobiliser! D’où est-ce que sortait ce diagnostic ridicule ?
   Il était de retour derrière le comptoir, à à peine trois pas d’elle et elle ne l’avait pas entendu approcher – comme si ça c’était surprenant !  ‘Vous savez,’ dit-il, ‘Je ne peux vraiment pas vous dire à quel point c’est important que je voie ce livre. Un coup d’œil ne fera de mal à personne, n’est-ce pas ? Pas vraiment. Et avec les informations contenues dans ce livre vous n’avez pas idée du nombre de souffrances que je pourrais éviter.’
   Elle le regarda et réalisa brusquement que dire non à cet homme était devenu beaucoup plus facile parce qu’elle ne l’aimait vraiment pas. Elle le détestait, en fait. Elle le regarda d’un air détendu très étudié pendant un instant. ‘Des vies sont en jeu, il me semble que vous l’avez dit,’ remarqua-t-elle finalement.
   ‘Beaucoup de vies. Des vies innocentes.’
   ‘Innocentes ? C’est un fait ?’ Elle se souvint de sa fille, qui levait les yeux vers elle, pleine d’espoir et implorante, s’accrochant à elle en lui demandant s’il y avait vraiment des monstres dans le monde. Cinq ans, absolument magnifique, et à dix secondes de la mort. Avec effort, elle chassa le souvenir. ‘Et bien dites à ces gens innocents avec leurs vies innocentes,’ dit-elle, avec un peu plus de vigueur qu’elle ne l’avait voulu, ‘que la vie, innocent ou non, n’est pas juste.’
   ‘Un froncement de sourcil comme un coup de tonnerre. ‘Dernier mot ?’
   ‘Amen.’
   ‘Je vois.’ Il réfléchit un instant. Il sortit une montre à gousset de sa veste et l’ouvrit, révélant une suite de boutons à la place du cadran. Ses doigts dansèrent dessus dans ce qui semblait être une suite complexe de calculs. ‘Si ma compagne revient avant moi,’ dit-il sans lever les yeux, ‘dites-lui que je ne serais pas long.’ Il lui lança un regard et soudain ses yeux parurent très noirs. ‘J’ai une petite course à faire.’

 


Extrait des notes de lecture du Professeur Candy.


   Jusqu’où ira-t-il? Si quelqu’un se met en travers de son chemin – quelqu’un qu’il ne pourrait influencer par ses moyens habituels, quelqu’un qui se dresserait entre lui et son besoin d’imposer sa volonté sur l’Univers – jusqu’où notre héroïque Docteur serait-il prêt à aller ?

 


La Bibliothèque de Nouvelle Alexandrie, 2668.


   Depuis l’arrière des étagères une lumière bleue clignota momentanément, et un grognement, un grincement, un bruit quelque part entre l’éléphant enragé et le protestataire asthmatique. Un chœur de « shh » s’éleva depuis la zone de lecture.
   La bibliothécaire sentit se dénouer dans son estomac le nœud de tension dont elle s’était à peine rendue compte de la présence. Selon tous les rapports c’était le son qui accompagnait invariablement l’arrivée et le départ du ESTC via le quelconque appareil ésotérique qu’il utilisait pour voyager (on racontait des histoires à propos d’un kiosque téléphonique à l’ancienne mode, mais c’était simplement absurde !). Donc il était parti alors, hors de sa vue et, Dieu merci, hors de son esprit. Mais il n’était pas, se rappela-t-elle à l’ordre, parti pour longtemps. Et maintenant ? Elle réfléchit, tambourinant nerveusement le comptoir de ses doigts. Il y avait peu de doutes sur le fait qu’il essayerait à nouveau et que cette fois il utiliserait la manière forte. Il voudrait faire affaire et ça n’était pas vraiment une idée réconfortante. Elle parcourut dans son esprit les différents protocoles de sécurité et les mots de passe. Parfait! Et au besoin, tout à fait mortel. Elle était confiante dans le fait que l’ESTC le savait aussi; il ne semblait pas être le genre d’homme à s’encombrer à demander quelque chose s’il savait qu’il pouvait le prendre tout seul.
   Donc que pouvait-il faire maintenant ? Que lui restait-il à tenter ? La réponse, se dit-elle en exultant, était rien. Absolument rien ! Pendant un instant elle s’illumina presque. Ça ne devait pas être souvent que le petit homme rencontrait quelqu’un qu’il ne pouvait simplement pas manipuler comme il le voulait.
   Alors qu’elle retournait à son travail, elle remarqua son petit sourire de triomphe dans le miroir derrière son bureau.

   A l’autre bout de la salle se fit entendre le bruit de la cabine de Transfert. Elle regarda autour d’elle pour voir Jolies Boucles d’Oreilles revenir à la réalité depuis le département de Littérature. Elle sortit de la cabine et lança ce curieux regard rapide autour d’elle qui avait tellement intrigué la Bibliothécaire un peu plus tôt. Quoi que Jolies Boucles d’Oreilles soit entrain de comploter, son ami, l’ESTC, n’était pas au courant. Une situation probablement peu commune, se dit la Bibliothécaire, sardonique – et probablement peu sûre aussi. Vu d’ici, Jolies Boucles d’Oreilles avait l’air de penser la même chose. Serrant étroitement un livre contre sa poitrine, elle se dirigea rapidement vers la zone de lecture. ‘Excusez-moi’, appela la Bibliothécaire.
   Jolies Boucles d’Oreilles fit un magnifique arrêt de celui qui est pris la main dans le sac et se retourna et la Bibliothécaire se sentit aussitôt coupable. Elle tenta un sourire rassurant. ‘Votre ami a dû s’absenter un instant. Pour faire une course.’
   ‘Une course?’ Jolies Boucles d’Oreilles hocha sobrement la tête. ‘Et bien faites-moi simplement savoir si l’Univers venait à disparaitre.’
   Belle réplique, se dit la Bibliothécaire alors que Jolies Boucles d’Oreilles se mettait à la recherche d’une table. Le truc, c’est qu’elle avait eu l’air de le penser. Pendant un instant elle fut tentée de la suivre, d’entamer la conversation, peut-être mêmes de découvrir quelques choses sur l’ESTC – à commencer par pourquoi qui que ce soit choisirait de partir avec un homme pareil – mais elle entendit derrière elle un toussotement impatient. Derrière le comptoir se tenait le résumé parfait du client difficile, des doigts tambourinant jusqu’aux lèvres pincées et aux sourcils relevés. Pour la dix-huitième fois de la journée, la Bibliothécaire décida de détester intensément quelqu’un.

   Il se passa une heure avant que la Bibliothécaire ait une chance de passer par hasard devant la table de Jolies Boucles d’Oreilles. Son livre était ouvert devant elle et elle recopiait attentivement l’une des pages dans ce qui semblait être son journal intime – ce qui, à défaut de mieux, était bon signe.
   La Bibliothécaire se pencha poliment par-dessus son épaule. ‘Nous pouvons faire copier ça pour vous, si ça peut aider.’
   Jolies Boucles d’Oreilles sursauta comme si elle avait reçu un choc électrique et referma brutalement le livre. ‘Merci, non, inutile, j’ai fini de recopier de toute façon.’ Elle avait dit tout ceci à la hâte en l’accompagnant de la plus mauvaise tentative de sourire décontracté que la Bibliothécaire avait vu depuis au moins un mois. Définitivement, cette femme était en train de faire quelque chose dans le dos de l’ESTC. Mais est-ce que ça faisait d’elle une alliée ? Découvre-le, décida-t-elle. Provoque-la un peu.
   ‘Donc ! Vous avez été abandonnée par votre ami, hein ?’
   Un sourire ironique. ‘Croyez-moi, il a fait bien pire.’
   ‘Vraiment’.
   ‘Ça n’est pas peu dire.’ Elle baissa les yeux vers son journal. La Bibliothécaire tint bon, cherchant frénétiquement un moyen de prolonger la conversation. Son regard se perdit un moment sur les boucles d’oreilles de la femme. Elle avait l’impression confuse qu’il y a quelques temps elle ne les aimait pas tellement, mais ça n’était pas possible. Sa première pensée avait été de remarquer à quel point elles étaient jolies.
   ‘J’ai dû lui refuser une demande de consultation d’un livre. Il n’était pas très content.’
   ‘J’imagine.’
   ‘Il s’est éloigné comme une tempête et a fait les cent pas en marmonnant pour lui-même.’
   ‘C’est tout à fait le Docteur. Il finit généralement par se parler à lui-même parce que personne d’autre ne comprend ce qu’il raconte.’
   Ok, le moment était venu de la pousser un peu. ‘Trop intelligent pour son propre bien ?’
   ‘Non. Diction terriblement mauvaise.’
   Elles rirent toutes les deux – bien, elles s’entendaient bien – et un ‘shh !’ s’éleva de la table d’à côté. La Bibliothécaire lança un regard incisif dans la direction générale. Elle était bibliothécaire, bon sang ! Ils n’étaient pas censés lui faire ça à elle !
   Une femme au visage dur la fixa en retour. Quelqu’un d’autre à détester intensément, décida-t-elle brusquement, ce qui faisait un total de douze aujourd’hui. ‘Les hommes sont tous les mêmes, n’est-ce pas ? Ils disparaissent quand on s’y attend le moins.’
   Jolies Boucles d’Oreilles leva un sourcil. ‘Vous parlez par expérience ?’
   ‘Divorcée’, admit-elle. ‘Enfin, plus ou moins divorcée. Il est juste sorti un soir pour faire quelques courses. Mais j’aurai pu dire qu’il n’allait pas revenir au vu du regard sournois sur son visage bouffi et stupide !’
   Jolies Boucles d’Oreilles sourit à la description. ‘Visiblement il vous manque toujours,’ dit-elle avec ironie.
   C’était l’heure d’un moment de candeur désarmante. ‘Oui,’ dit-elle simplement.
   L’autre femme sembla simplement embarrassée et changea rapidement de sujet. ‘Avec le Docteur ça n’est pas tout à fait comme ça. Il n’est pas vraiment intéressé par ce genre de choses.’
   L’opportunité parfaite ! ‘Par quel genre de choses est-il intéressé ?’
  ‘Oh, par les monstres principalement.’
   La Bibliothécaire s’accrocha soudain au dossier de la chaise et le serra jusqu’à ce que ses doigts lui fassent mal. Les souvenirs lui revenaient, comme ils le faisaient toujours, de façon inattendue. Maudit soit sa mémoire erratique ! Vingt ans plus tôt, sa fille, blottie dans ses bras, lui avait demandé pourquoi elle continuait à rêver de monstres s’il n’y avait pas vraiment de monstres dans le monde. Dehors les vignes battaient à la fenêtre bien qu’il n’y ait pas le moindre vent.
  Chut, maintenant, Gwenny, bien sûr qu’il y a des monstres. Mais ils ne sont pas si méchants. Les monstres ont des cauchemars aussi, tu sais.
   Le petit visage rond s’était levé vers elle avec espoir face à cette idée puis elle avait froncé les sourcils alors que dans son esprit commençait à se dessiner une nouvelle question. Dans trois secondes sa colonne vertébrale se briserait et elle mourrait. De la fenêtre on entendit claquer une branche…

   ‘Andrea ?’ Walter était à côté d’elle et Jolies Boucles d’Oreilles fronçait les sourcils d’inquiétude. Avec l’écœurant effort habituel elle chassa le souvenir.
   ‘Désolée, je vais bien. Mon esprit a vagabondé, c’est tout.’
   ‘Ok, bien sûr.’ Walter ne semblait pas convaincu. ‘Juste pour te prévenir – Je fais un saut en Sciences et Technologie. Je ne devrais pas être long.’
   ‘Je m’occupe de tout jusqu’à ton retour.’
   ‘Et, hum…’ Il lança un regard embarrassé vers Jolies Boucles d’Oreilles qui réalisa qu’elle n’était pas supposée être encore en train d’écouter et plongea de nouveau la tête dans son livre. Walter s’approcha. ‘Ce que tu disais à propos de sexe dangereux ce soir.’
   Elle sourit. ‘Oui ?’
   ‘Il semblerait que je sois libre finalement.’
   Il était tellement mignon parfois ! Elle posa un doigt sur son nez. ‘Tu n’annules pas quelque chose avec quelqu’un pour moi, n’est-ce pas ? Parce que je pense qu’il serait temps que tu voies quelqu’un de ton âge.’
   ‘Merci mais je suis content de te voir toi.’
   Si mignon ! ‘OK. Mais tu seras prévenu, je me sens d’humeur particulièrement dangereuse aujourd’hui.’
   ‘Super !’ Il fit son regard inquiet à nouveau. ‘Tu es sûre que tout va bien ?’
   ‘Je te l’ai dit, je vais bien.’ Il était toujours si inquiet pour elle ! C’était presque fatiguant, mais fatiguant d’une façon adorable. ‘Alors, qu’est-ce qu’il se passe en Sciences et Technologie ?’
   ‘Une plainte.’
   ‘Souviens-toi: le client a toujours raison.’
   Il secoua la tête, l’air perplexe. ‘Après tout ce que tu as traversé, comment peux-tu être aussi gentille?’
   ‘Technique de contrôle de l’esprit Tibétaine,’ répondit-elle, et elle se demanda s’il réalisait qu’elle ne plaisantait pas. Il était évident que non au vu de son sourire.
   ‘A plus!’ dit-il en s’éloignant en direction des Cabines de Transfert.
   ‘Perruque Rousse!’ dit la Bibliothécaire qui se rappelait soudain.
   Jolies Boucles d’Oreilles la regarda, surprise. ‘Excusez-moi?’
   La Bibliothécaire fronça les sourcils. ‘Un professeur remplaçant à mon école il y a des années. Il est resté une paire de mois et nous a appris les techniques de contrôle de l’esprit Tibétaines – il a dit que ça ferait de nous des gens meilleurs.’
   Jolies Boucles d’Oreilles la regardait l’air confuse, se demandant à l’évidence ce qu’elle avait à voir là-dedans.
   ‘Et je viens juste de réaliser’, continua la Bibliothécaire, alors que son froncement de sourcils s’accentuait. ‘Il ressemblait beaucoup à votre ami le Docteur!’
   Et pendant un instant elle se rappela très vivement de lui: Le drôle de petit visage sous cette évidente perruque rousse (c’est supposé être quoi? Avaient-ils ri – un déguisement?) et la robe noire à l’ancienne qui tournoyait sur l’Ecran Professoral et le sourire comme celui d’un enfant brandissant des têtards dans un bocal. ‘Bonjour, la classe’, avait-il dit de son drôle d’accent. ‘Mr Rooney a décidé de prendre quelques vacances donc je vais le remplacer pendant quelques temps.’

 

A SUIVRE...



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Publié par Melyssa in the Attic - dans Short Stories
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commentaires

Lolotte 14/05/2012 12:10


Je pense que j'avais lu la suite, mais je suis plus trop sûre 


Bon ben ça va m'occuper de lire ça !

Lolotte 14/05/2012 11:42


Mais la face du monde en est bouleverersée !


(nan, sans rire, je me rappelle même plus de l'histoire en fait... T'avais posté la suite ?)

Melyssa in the Attic 14/05/2012 12:07



ben oui je l'ai finie depuis... je sais pas, 4 jours après l'avoir eu commencée donc grosso merdo depuis 6 mois aussi
(c'est disons environ 20 centimètres au dessus des commentaires qui a le message xD)



Melyssa 14/05/2012 10:35


Ouais bon alors en fait c'est pas Ace c'est Bernice (oui, 6 mois plus tard, mais je l'apprends que maintenant). C'est une compagne que-dans-les-bouquins celle-là, assez connue pour avoir une
collection à elle, mais je l'ai jamais lue (enfin si dans cette short story du coup).


Ca change ta semaine de savoir ça n'est-il pas?

Lolotte 11/12/2010 20:50


Moi je verrais bien Ten avec un parapluie, on peut faire plein de choses avec un parapluie :D

Merci pour ces infos !

(*est en cure de vidéo Gwaine*)


Melyssa in the Attic 11/12/2010 23:37



Surtout les parapluies Irlandais, y parait qu'ils sont encore plus mieux les parapluies irlandais


 


Roh, tu sais qu'en me disant ça tu risques de te prendre une avalanche de vids sur la tête??? MDR. (pi y a un nouveau groupe de vidders qui s'est formé sur YT, faut les surveiller de près, les Gwaine je suis sûre que ça va tomber là dedans! )



Lolotte 11/12/2010 18:18


(encore moi xD)

Je viens de comprendre que cette histoire se passe avec Doctor 7th en voyant le nouvel onglet en fait de ton blog !!!
Je m'imaginais Ten au début ! (je m'imagine très bien Ten se voir refuser l'accès à un livre dans une bibliothèque).

Du coup, qui est la compagne ? Est ce que c'est une compagne connue dans la série TV ? (jsuis pas experte de l'ancienne série...)


Melyssa in the Attic 11/12/2010 19:06



Oui ça aurait aussi bien pu être Ten à part qu'il a pas de parapluie lol. La compagne je suppose que c'est Ace, mais tu n'as pas spécialement besoin de la connaitre pour suivre!


 


Il reste une partie encore ;) (enfin, c'est moi qui coupe alors si je veux il en reste 5 mdr)