~ Partie 3: Qu'est-ce que cette chose verte que je viens d'avaler?
Ca y est, on atteint le point où ça devient urgent: il me faut quelque chose à boire. A savoir que j'ai très mal à la gorge depuis le matin (pour info, 2 jours plus tard je suis carrément aphone)
et que là, il me faut humidifier tout ça en urgence. Les filles semblent refuser catégoriquement de s'éloigner de la sortie de la salle de projo, donc j'attrape Lolotte et nous filons de l'autre
côté de la salle récupérer un verre tant convoité. Coca, jus de fruits, eau ou vin. Original. Je vais m'en tenir au coca (parce que j'ai aussi mal à la tête donc pour l'alcool on repassera. Il
s'avère que j'avais aussi de la fièvre et que c'était - c'est toujours - une angine qui prenait ses quartiers. Mais dans l'euphorie du moment, je me contentai de mettre les tambours de mon crâne
en sourdine et de trouver qu'il faisait chaud
)
Le buffet proposé est un "buffet britannique", rempli de bidules aux formes bizarres et aux couleurs inquiétantes dont il est impossible de déterminer le contenu. Même pas peur, je tente pour
commencer un machin vert fluo recouvert d'une chose rouge. Pas mauvais. Je suis dans l'impossibilité totale de vous dire à quoi c'est sensé être. Vu que je n'ai pas la moindre idée de à quoi est
quoi, je picore ce qui me tombe sous la main (ben oui, je veux goûter, c'est moins loin que d'aller en Grande Bretagne juste pour l'expérience culinaire). Je passe d'un petit four salé à un petit
four sucré avant de faire exploser une chose à la cannelle dans ma bouche. Le mélange est détonnant, et tout ça est très particulier. J'y vais plus par curiosité que par goût mais c'est très
amusant
.
En route, on a aussi récupéré nos jolis programmes de la soirée. A priori ils étaient à la sortie pour qu'on les prenne en partant, mais vous savez, les fansdebaz, c'est comme ça: on va le
prendre toussuite parce que peut-être après y en aura plus
. Finalement ils s'avèreront utiles avant l'heure pour
quelques unes, ces jolis programmes. En attendant, ils nous apprennent que les DVD français de la saison 2 sortent le 24 avril, info qu'Hélène s'empresse de twitter. Hélène et Steven Moffat ayant
exactement le même portable, ça doit expliquer pourquoi ils ont aussi exactement la même maladie
. (Et
sinon, le programme nous apprend aussi qu'H2G2 a été écrit par... Arthur Dent!! Vous l'ignoriez mais c'est une autobiographie, en fait! )
Lolotte et moi arrivons en bout de table, soit revenues au point de départ: la porte de sortie de la salle de projection. Par laquelle Moffat finit par débouler, à la grande joie de celles qui
voulaient un autographe - toutes ne seront pas servies (trop de monde, manque de temps) et n'étant pas particulièrement amatrice des autographes, je me contente d'observer. J'aurai pas craché sur
une photo avec l'homme mais puisque je suis celle à qui on refourgue les appareils pour prendre les photos, je ne suis jamais du bon côté de l'objectif
. (Consolation, je peux regarder quelques photos d'untel et Steven en me disant que c'est peut-être eux deux sur la photo, mais
que techniquement, c'est moi qu'ils regardent
(non, je n'essaye plus de
me soigner))
Mais entre nous pour être honnête, puisque je l'ai observé d'un peu plus loin que "le gros tas de têtes, de jambes et de bras duquel il essayait de se désengluer", je persiste: il semblait
vraiment, vraiment fatigué. Juste pressé de sortir de là et d'aller embrasser un oreiller. Il ne lui restait plus grand chose en patience et en énergie, et il a mis tout ça dans le court chemin
qui séparait la sortie de la salle de projo de celle de la salle de coktail. Si je garderai, moi, un excellent souvenir de la soirée (excellent, c'est même un peu léger), je pense que ses
souvenirs à lui seront un peu plus mitigés 
D'un point de vue personnel, ça a l'avantage de me fournir de quoi comparer: je l'ai vu une fois en grande forme, une fois dans les choux. Une fois de bonne humeur, une fois d'humeur un peu plus
floue. Je vais me rendre bête en l'avouant, mais j'ai trouvé ça intéressant d'avoir eu justement ce 2e point de vue un peu différent
(Qu'il ne se sente pas obligé de me montrer le caractère de merde la prochaine
fois pour autant hein!)
Notez que quoi qu'il arrive, Sue Vertue ne perd pas le nord puisque pendant que son cher époux avançait péniblement, elle s'en est allée promener dans la salle pour revenir avec un verre de
pinard à la main (je pense que c'était leur projet à tous les deux à l'origine d'ailleurs mais pour l'un des deux ça s'est révélé pas possible comme manoeuvre. Mais rassurez-vous, il a quand même
trouvé du vin de l'autre côté de la porte. BEAUCOUP de vin, d'après Twitter
).
~ Partie 4: Les gens de la BBC, en fait, ils sont très gentils.
Steven Moffat parti, certains estomacs commencent à crier famine. D'autres ont des connaissances à aller retrouver, et entre ci et ça, on s'éparpille dans la salle. Hélène, Lolotte et moi sommes
ensemble lorsqu'un charmant monsieur nous aborde et entame la conversation. Aucune de nous ne le connaît mais rien de choquant dans ce genre de soirée à ce que tout le monde discute avec tout le
monde donc nous commençons à parler de l'épisode, puisque c'est là dessus qu'il nous interroge. Il nous demande si nous préférons regarder les épisodes en VO ou en VF parce que... et bien parce
que ce monsieur, c'est le Erick Basly de la BBC, celui en charge des doublages internationaux de la chaîne. Il a l'air d'être absolument ravi d'avoir mis la main sur quelques fansdebaz étrangers
et très très avide de savoir ce qu'on pense de son boulot. On répond donc le plus honnêtement possible à ses questions, très sérieusement pendant un temps. Ensuite, allez savoir comment, le
Docteur et Torchwood on déboulé dans la conversation et c'est un peu parti en sucette
(Erick Basly, fandebaz parmi les
fansdebaz).
Mais on n'en est encore qu'à Sherlock, et il se trouve qu'à côté de certaines catastrophes de VF, Sherlock est quand même vachement bien doublé. Donc on lui dit que Sherlock, c'est quand même
vachement bien doublé. Heureusement qu'on lui répond ça, parce que vu ce qui s'est passé ensuite, la situation serait vite devenue bien gênante si on lui avait dit que c'était de la daube
. On parle du doublage de Sherlock pendant quelques temps, de ce qu'on a aimé, de ce qu'on a moins aimé, de
Benedict que tous les doubleurs de tous les pays assommeraient volontiers pour lui faire ralentir son débit, de tous ces jeux de mots intraduisibles qui leurs donnent envie de s'arracher les
cheveux en français, les волосы en russe et les haar en allemand. Mais l'avantage de Sherlock, c'est que la série a ce moteur supplémentaire que ne peuvent pas avoir toutes les séries: ceux qui y
travaillent aiment vraiment le produit. Je crois que lui-même est assez fier du doublage de sa série
.
Un peu plus tard (après moult digressions sur lesquelles je reviendrais mais je zappe la chronologie pour groupir Sherlock) Jam qui nous a rejointes lui demande le pourquoi du Buckingham en place
de Belgravia. J'émets cette hypothèse que Belgravia parle autant à un Français qu'un trou perdu au fin fond du Maryland, et il confirme: c'est un choix d'adaptation, si ici Blegravia ne dit rien
à personne en revanche tout le monde connaît Buckingham. Et au vu de l'épisode, ils retombent très bien sur leurs pattes.
C'est d'ailleurs un point important sur lequel il insiste beaucoup: l'adaptation, ça n'est pas de la traduction. Les amoureux de la série, qui connaissent très bien la VO, sont souvent très très
prompts à taper sur le moindre écart de traduction. Ils oublient qu'on ne traduit pas pour eux, on traduit pour toute une culture qui n'est pas la même que celle d'origine. Au delà des histoires
d'expressions ou autres jeux de mots intraduisibles qui sont forcément adaptés, il y a aussi tout un vrai, long et difficile travail d'adaptation culturelle à faire, et sa cible principale, ça
n'est pas tant les fans qui savent où ils mettent les pieds, mais le spectateur lambda. Celui qui sait qu'à Londres, le pouvoir, c'est Buckingham, pas Belgravia. Celui qui ne sait des
britanniques que 2 choses: ils boivent du thé et ont une Reine.
Moffat et Gatiss adaptent Sherlock pour le rendre accessible aussi à ceux qui ne connaissent pas un gramme du canon de Doyle. Eux adaptent Sherlock pour le rendre accessible à ceux qui ne
connaissent pas un gramme du canon britannique
.
Mais revenons un peu en arrière et éloignons-nous de Sherlock. Nous sommes toujours 4, Hélène, Lolotte, Monsieur BBC et moi, et le Docteur arrive sur le tapis parce que le Docteur arrive toujours
sur le tapis à partir du moment où il y a une personne vivant de l'autre côté de la Manche dans la pièce
. La
question qui risque de fâcher arrive: le doublage de DW...?? Encore une fois, soyons le plus honnête possible, c'est ce qu'il demande: on sent un vrai décalage entre les 2 premières saisons et
les suivantes. On détaille, on exemple, on étaye... il finit par nous expliquer que pour Doctor Who, ils ont mis en place un vrai relais de coordination pour chaque étape du processus
d'adaptation, qu'aujourd'hui les détails, les incohérences... sont vérifiées plutôt 2 fois qu'une. Et que ce réseau n'a commencé à se mettre en place qu'à partir de la saison 3. Ceci explique
donc cela.
On continue à parler quelques temps du doublage de DW, on questionne, on commente, on est très sérieuses. C'est de sa faute à lui si ça finit par partir en frite
. Sérieusement, c'est lui le premier qui a lancé "c'est qui vous, votre compagne préférée??" . Alors là, ceux qui ont
eu le malheur de passer un peu de temps avec Lolotte et moi savent que c'est très dangereux de lancer ce genre de questions
. Nous voilà tous les 4 en mode gros fans à décortiquer Doomsday et à passer au crible la vie et l'oeuvre de Catherine Tate, avant d'atterrir sur Torchwod dont la saison 4 subira un
procès en règle (nous jouons le rôle des attaquants, il assure la défense
)
Quelques autres petites choses sont encore discutées tant que nous ne sommes que 4. Une partie d'entre elles devant rester privées, il les met de côté maintenant que nous commençons à être
rejoints par tout le monde - et par tout le monde, je ne parle pas juste des gens de notre côté à nous, mais aussi de son côté à lui. Tout un tas de gens qui viennent aux nouvelles et qu'il prend
soin de nous présenter, et surtout, à qui il prend soin de NOUS présenter, de façon super sérieuse, genre on est des gens bien importants, et nous de basculer de nouveau dans le surréalisme
ambiant de la soirée: directeur artistique chef de jenesaisquoi BBC doublage machin et je ne sais même plus quel était le rôle de qui, tout ceci était bien trop improbable pour mon petit cerveau.
Monsieur BBC doit s'en aller, il s'apprête à nous laisser aux mains de.. je ne sais plus, possiblement il s'agissait de Roland Timsit mais j'en suis même plus sûre xD et nous dis donc au revoir.
Pour la première fois. Une heure plus tard il sera en fait toujours là et on en sera environ à notre 48e au revoir
.
Alors que notre petit groupe - maintenant composé quasi exclusivement de "professionnels", chahute dans son coin, arrive 1 nouveau candidat au "cette soirée, c'est du grand n'importe quoi": "les
filles, je vous présente Yann Peyra, acteur, et voix française de John Watson".
Et niveau aventures rocambolesques, nous revoilà parties pour un tour...